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Interventions Atelier A1 - Institutions et aspects économiques
Régime professionnaliste, numérique, et financement .
Le cas de Canége dans une optique comparative - Patrice Grevet
Résumé : La communication
adopte un point de vue socio-économique. Elle
porte sur l'expérience du campus numérique en économie
et gestion Canége de 2000 à 2005. Celui-ci obtint une position
de "premier de classe", mais aujourd'hui, son avenir apparaît
incertain. Des résultats ont été construits avec
succès : fonctionnement de dispositifs à distance de Bac +1 à Bac +5,
réalisation d'un nombre élevé de ressources pédagogiques
numérisées, dont certaines comportent des développements
multimédia très soignés, mise en oeuvre d'un tutorat
fonctionnant bien dans la grande majorité des cas. Mais trois
catégories de difficultés rendent Canége vulnérable
: la première, et la plus décisive, concerne les effectifs étudiants
inscrits et a fortiori diplômés ; la seconde tient à la
contraction du caractère pluri-établissements des dispositifs
; la troisième a trait aux limites de la mutualisation de ressources
numérisées coûteuses et de leur usage.
La communication
précise ces constats en cherchant la possibilité de
comparaisons. Pour ce faire, elle considère le positionnement
de Canége au regard d'une grille définissant quatre types "d'offres
d'usage" introduisant le numérique dans la formation. Ensuite
elle analyse la combinaison formative de Canége mêlant une
organisation professionnaliste et une large polarisation sur des ressources
numérisées propriétaires. Enfin, elle avance des
hypothèses explicatives de la faiblesse des effectifs étudiants
se prolongeant sans qu'il y ait jusqu'à présent blocage
du développement de ressources numériques, ni mise en cause
de l'existence du campus. Le financement intervient pour une grande part
dans les explications, par exemple à propos des limites de la
disponibilité temporelle des actifs pour la formation.
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D’un système de formation professionnelle artisanal vers un mode de production industriel : exemple d’une tentative Svitlana Hryshchuk-Berthet (Paris VIII/CEMTI)
Résumé
La présente communication constitue l’un des aspects de la problématique traitée par une thèse soutenue en avril 2005. Cet article porte sur l’analyse socio-économique de la mise en œuvre, par une grande entreprise, de dispositifs de formation linguistique mixtes, dans le contexte d’une industrialisation de la formation, annoncée par cette entreprise (6 000 apprenants, dès la 1ère année).
L’article tend à démontrer que la volonté de l’entreprise de passer à une formation à grande échelle s’est effectué en introduisant dans la formation les processus auxquels l’entreprise a recours pour sa production industrielle de biens tangibles. L’introduction des technologies numériques en réseau a poursuivi, dans un premier temps, un objectif de rentabilité économique. Le défi, relevé par l’entreprise, devait permettre, le passage de son système artisanal de formation, présentant de grandes redondances et très cloisonné, à un nouveau mode de production et de distribution de sa formation professionnelle, industriel et centralisé, lui donnant une meilleure lisibilité de l’organisation de cette activité et de ses performances.
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L'industrialisation du campus virtuel universitaire : un
contexte favorable à la critique. Mohamed SIDIR (Laboratoire
Savoirs et Socialisation, Université d'Amiens)
Résumé : La logique industrielle
a toujours accompagné l'introduction
des technologies dans la sphère éducative (Moeglin, 1998,
chap.2). Les TIC sont l'occasion du renforcement de cette logique, "elles
en accélèrent le cours comme aucune autre technique éducative
ou communicationnelle antérieure" (Miège, 2004, p.163).
La question de l'industrialisation de l'éducation entraîne
des débats publics, parfois polémiques, accentués
depuis les années 90 par l'accord général sur le
commerce des services à l'initiative de l'Organisation Mondiale
du Commerce (WTO). Cette libération des services (éducatifs)
a suscité de nombreux espoirs chez les grands industriels de logiciels
ainsi que les éditeurs scolaires et ludo-éducatifs. Il
faut dire que les promesses étaient très attractives et
les espérances nettement sur-dimensionnées : le e-learning,
par exemple, est présenté comme un marché prometteur
et une révolution non seulement technologique mais aussi pédagogique.
Il devrait même "bouleverser" les fondements même
de l'université traditionnelle ! (Childers et Delany, 1994).
De
toutes les innovations techniques dans l'histoire de l'éducation,
les technologies associées aux réseaux Internet sont certainement
celles qui précèdent et accompagnement les discours les
plus hyperboliques (Moeglin, 2000, p. 71), dont le soutien aux TIC
n'a jamais atteint auparavant par les technologies « classiques ».
Ainsi, sous une forte incitation ministérielle, les appels à projets « campus
numériques » lancés en 2000 et 2001 par la Direction
de la Technologie, semblent vouloir inaugurer une nouvelle étape
du développement des TIC dans l'enseignement supérieur.
L'un des objectifs majeurs est d'arriver à construire une offre
nationale de formation en ligne de qualité et compétitive
sur le marché international.
Aujourd'hui, et au-delà des discours eschatologiques (Wallet,
2003) et technomessianistes (Musso, 2003), il a bien fallu, l'enthousiasme
passé, se poser la question de la situation réelle des
campus numériques dans l'enseignement supérieur français.
A défaut de traiter l'ensemble de ces aspects, nous examinerons
ce qu'il y a de réel dans ces dispositifs : les aspects économiques,
peu analysés dans les écrits. En nous appuyant sur une
enquête dans un dispositif universitaire de formation à distance
opérationnel depuis plus de dix ans, notre objectif est de contribuer
au débat sur la problématique de l'industrialisation de
la formation difficile à démêler dans un contexte
en pleine mutation.
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