Interventions Atelier A3 : Organisation et institutions

 

Quand les enseignants rencontrent le numérique : innovation imposée ou attendue ? Le cas de l'ENT dans le déploiement de l'Université numérique en Région Languedoc-Roussillon Huguette Albernhe-Giordan (Montpellier 2, IUT - Praxiling), Chantal Charnet (Montpellier 3 - Praxiling)
Résumé :
Cet article propose de présenter quelques résultats des observations de terrain de la mise en place de l'Environnement Numérique de Travail (ENT) dans le cadre du déploiement de l'Université Numérique en Languedoc-Roussillon (UNLR). Cette étude s'inscrit dans la première phase du contrat de recherche ENTICE  : «  Pratiques attendues et usages réels des environnements numériques dans la mise en oeuvre et le déploiement de l'Université Numérique en Région Languedoc-Roussillon (UNR-LR ) ». Il s'agit d'un point d'étape dans une recherche en cours sur des processus eux-mêmes en construction. L'article présente successivement quelques analyses sur l'organisation générale et contextuelle, les principaux acteurs et l'évolution du réseau sociocognitif induit par le projet vers un réseau de Coopération Pédagogique et de Recherche (RCPR) potentiel. Ce dernier se construit à partir d'« objets intermédiaires » humains et matériels qui sont des signes de la mise en place de processus de changement et d'innovation.
On constate trois éléments essentiels : la prédominance du technique et de l'administratif sur le pédagogique, le rôle secondaire des enseignants adoptant soit une attitude d'indifférence au projet soit s'impliquant dans une utilisation des TIC de façon plus individualiste soit enfin subissant les directives nationales et locales.
La méthodologie mise en oeuvre est l'observation de type ethnographique et linguistique réalisée à partir d'extraits audiovisuels de réunions, interviews d'acteurs, documents qui constituent les objets intermédiaires et qui permettent de comprendre le processus en cours.
Les conclusions provisoires conduisent à se demander si un ENT doit choisir de définir dans un premier temps un angle d'attaque qui privilégie certaines fonctions ou bien de mener conjointement toutes les fonctions. Ainsi l'ENT, dispositif intégré, pose le problème de son introduction, de son appropriation et certainement de son sens.
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Numérique et coopération inter universitaire, prétexte ou nécessité ? Yves Ardourel (Iufm Midi-Pyrénées)
Résumé :
Des dizaines d'organismes universitaires se sont engagés depuis l'année 2000 dans des logiques de campus numériques autour de projets de formation à distance. Ces actions sont fondées sur des coopérations inter universitaires et associent divers partenaires publics ou privés. Quelles sont les raisons qui ont conduit ces institutions à entreprendre une telle démarche? Peut-on éclairer les intentions de ces groupements et quels enjeux se jouent  dans le montage de ces structures souvent fragiles? Ce sont les appels à projet du Ministère de l'éducation (2000, 2001, 2002) qui ont marqué pour beaucoup d'établissements le début de cette aventure, mais la simple description de la politique publique ne permet pas de répondre pleinement à ces questions. En analysant le parcours d'un campus numérique, le campus Escales, centré sur la formation des enseignants en sciences, nous dégagerons quelques éléments pour comprendre la nature et les effets de ces coopérations dans le champ du numérique et de la formation à distance.  
Parmi les questions que posent ces campus, celle de la coopération entre établissements universitaires est peut être celle qui interroge le plus. Comment interpréter les écarts entre des objectifs annoncés de coopération et les pratiques de mutualisation mises en oeuvre ? Cette étude cherche à savoir quelles nécessités ont amené et conduisent ces organismes universitaires à partager des axes de développement dans l'univers du numérique. Elle montrera en particulier que cette coopération a été portée par des acteurs de terrains engagés et convaincus plus que par les instances officielles des établissements. Cette coopération a produit une réflexion riche mais ce mouvement restera-t-il dans une marginalité innovante ou aura-t-il, sous certaines conditions, un développement structurant ?
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Les TIC dans l'enseignement supérieur français : Discours institutionnels et monographies - Promesse, menace et visibilité Christine Barats (Paris V)
Résumé :
Notre recherche porte sur les discours « promotionnels » visant à l'intégration des TIC* dans l'enseignement supérieur (textes envoyés par le Ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie -MENRT- aux établissements de 1989 à 2005 et principaux rapports sur les TIC de 1990 à 2005) et la place que les TIC occupent dans les établissements (analyse menée à partir d'un questionnaire et des entretiens avec les responsables TIC au sein de différents établissements et une première étude monographique de l'université Paris V).
L'étude des discours ministériels et des rapports sur l'intégration des TIC indique :
que le MENRT incite à cette intégration à partir d'une présentation construite autour de la figure de l'outil que constituent les TIC pour atteindre un certain nombre de fins, tandis que les rapports mettent l'accent sur la figure de la menace d'un retard pour la société.
Les résultats d'une enquête par questionnaire menée auprès des conseillers TIC soulignent au contraire le poids des difficultés rencontrées au sein des établissements, ainsi que les disparités quant aux usages des TIC. Le simple constat des moyens (politiques et financiers) mis en oeuvre (en terme de planifications, de stratégies, et de coûts) et du matériel existant permet, quant à lui, de compléter un tableau qui montre une réalité tout autre, une réalité «effective », celle qui est produite. De plus, le discours institutionnel sur les TIC conduit à l'imposition de catégories d'enregistrement « mesurant » l'intégration des TIC, catégories qui indiquent une visibilité de certains usages et une invisibilité institutionnelle d'usages que nous pourrions qualifier de diffus, moins visibles et surtout non enregistrables ou mesurables du point de vue de l'institution. Ce qui pose la question des catégories d'enregistrement. C'est ce que nous avons examiné dans le cas de l'université paris V. De nombreux sigles sont observables dans les discours. Derrière l'apparente homogénéité du sigle, se cachent des acceptions très diverses  : support technique, imaginaire technologique, idéologie de la communication, pratiques et formes de médiation en devenir. Notre recherche porte également sur la diversité de ces sigles et leurs acceptions.
* De nombreux sigles sont observables dans les discours. Derrière l'apparente homogénéité du sigle, se cachent des acceptions très diverses  : support technique, imaginaire technologique, idéologie de la communication, pratiques et formes de médiation en devenir. Notre recherche porte également sur la diversité de ces sigles et leurs acceptions.
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La capacité en droit : un diplôme réhabilité grâce à la Formation Ouverte et A Distance ? Françoise Galland, Emilie Bomal, Thomas Zacher, Genevieve Thomas-Debenest
Résumé : Alors que les Universités françaises sont les seules habilitées à dispenser la capacité en droit, la majorité ont abandonné cette formation, notamment en raison du fort taux d'abandon des inscrits. Au vu des résultats d'une enquête préliminaire, nous avons été amenés à mettre en place un dispositif de formation ouverte et à distance.
Sa mise en oeuvre a nécessité un remaniement total de la formation. Elle a été possible grâce à une volonté politique de notre université et de la région à travers l'Université Virtuelle en Pays de la Loire (UVPL). Ce double soutien institutionnel s'est manifesté par le financement de la production des ressources par l'UVPL dans le respect d'une harmonisation régionale de l'offre de formation. L'Université a pris en charge le fonctionnement du dispositif et défini une politique d'incitation auprès des enseignants-chercheurs. La concrétisation de ce projet est le fruit d'une étroite collaboration entre une équipe enseignante soudée et une équipe d'ingénierie pédagogique consciente de sa double mission : répondre à des apprenants en difficulté en les mettant au coeur du dispositif et rassurer des enseignants motivés mais inquiets du changement. Le dispositif s'articule autour de trois axes : modularité, alternance présence/distance et pédagogie différenciée. Le bilan des 2 premières années de fonctionnement montre qu'il y a une nette amélioration quantitative (effectifs et reçus) avec un niveau des apprenants infiniment supérieur aux années précédentes. Côté enseignant, le travail est lourd mais passionnant.
Cette révolution dans les usages nécessite une remise en cause socio-économique et institutionnelle indispensable pour garantir son succès et répondre à notre mission de formation tout au long de la vie.
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