Interventions Atelier B8 - Environnements numérisés de travail en milieu scolaire

Le développement des cartables numériques : Les valeurs de l'école face au numérique Gérard Collet (INRP/IUFM Grenoble), Didier Anselm (INRP), Brigitte Narvor (INRP), Patrick Robin-Brosse (INRP), Claude Terepa (INRP)
Résumé :
L'opération de « Cartable électronique® » de l'académie de Grenoble soulève de manière frontale la quasi-totalité des grandes questions de la généralisation des Environnements Numériques de Travail. Analyser la possibilité de développement des usages ne peut pas se limiter aux problématiques didactiques, pédagogiques, ou technologiques. Nous proposons ici d'introduire deux dimensions supplémentaires et d'analyser leur juste place.
Tout d'abord, la compréhension d'une telle opération doit être éclairée par une étude systémique prenant en compte les forces principales qui agissent dans la mise en place, le développement et le pilotage de l'entreprise.
Nous soutenons ensuite l'hypothèse qu'une introduction des TICE se faisant à l'initiative des sphères économico politiques, introduit la problématique des valeurs. Dans cette hypothèse, certaines réticences soulèveraient des questions de société qui ne sauraient être correctement résolues que par l'instauration d'un débat profond, pour l'heure trop éludé .
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Les ressources informatisées dans l'éducation scolaire : entre invention, prescription et marchandisation, quelles tendances ? Georges-Louis Baron, Michelle Harrari
Résumé :
Dans tous les pays industrialisés, la diffusion de ressources informatisées pose depuis plusieurs années maintenant question aux systèmes éducatifs. On s'interroge, en particulier sur les modalités de leur choix, de leur contrôle, de leur usage en milieu scolaire et plus largement sur leur prise en compte dans les processus éducatifs, leurs effets, leurs impacts sur l'éducation et l'instruction. Si ces interrogations nourrissent un débat public intermittent, tenter d'y apporter des éléments de réponse ancrés sur la recherche oblige à prendre en compte les différentes formes prises par les outils, ressources et environnements multimédias. Trois registres peuvent ainsi être distingués. Le premier est lié à la notion même de ressource, qui recouvre en fait un très large spectre en fonction des types d'acteurs qui se les approprient ou en organisent l'usage. En un premier sens, on appelle ressource différents artefacts (souvent non conçus pour l'école) permettant aux élèves de se livrer à des activités, en classe et surtout hors de la classe, que ce soit pour résoudre des problèmes posés par les enseignants ou hors de toute prescription scolaire. Mais il existe aussi des ressources pour les enseignants, explicitement conçues pour faciliter leur travail et parfois pour se substituer à eux dans cet au-delà de l'action enseignante où confluent l'inquiétude des parents et la volonté de décideurs locaux. On est alors dans le domaine de la technologie éducative et, du point de vue de l'élève, il ne s'agit plus vraiment de ressources, du moins au sens habituel. Le deuxième registre est lié aux modes d'élaboration, de financement, de diffusion des ressources. Si en France, l'édition scolaire est largement concentrée autour de grands consortiums, on constate une activité soutenue des militants et associations d'acteurs (en particulier des enseignants). La permanence d'une forte présence des décideurs nationaux en matière d'éducation coexiste avec une influence grandissante des collectivités locales dans ce domaine. Quelles alliances peuvent être passées entre ces différents acteurs ? Dans le registre pédagogique, les théories constructivistes, sont communément invoquées à propos des TICE, mais on trouve plutôt sur le marché des logiciels d'instruction reposant sur des modèles directement issus des travaux comportementalistes américains des années soixante. Comment ces logiciels sont-ils utilisés en pratique, en particulier hors de la prescription et de la supervision des enseignants ? S'agissant de tendances, nous sommes conduits à plusieurs conjectures. Tout d'abord, ce qui relève de la technologie éducative ne se développera que lentement, ce développement se produisant surtout dans le domaine de l'assistance scolaire et pour préparer des certifications ne reposant pas sur le suivi d'un curriculum préalable (en particulier de type PCIE ou B2i). Ensuite, les usages de ressources par les élèves continueront à se répandre, mais pour des motifs qui ne sont pas directement liés aux finalités de l'école ce qui pourrait donc conduire, comme cela s'est produit pour les précédentes vagues de technologies, à un hiatus fort entre ce qui se passe en classe et ce qui se passe dans la société. Enfin, tout indique que les ressources à destination des enseignants continueront à connaître une dynamique importante, plusieurs secteurs complémentaires continuant à coexister.

Etude des usages pédagogiques du portail TICÉO. Premiers retours d'une expérimentation autour de ressources documentaires vidéos en ligne . Christian Derrien (Rennes 2)
Résumé : A la suite de la connexion de nombreux établissements au réseau Internet à haut débit, le CRDP de Bretagne, en partenariat avec la Région Bretagne et le Rectorat d'académie, a mis en place une expérimentation visant à développer l'utilisation de bases de ressources documentaires vidéos en milieu scolaire. La première phase d'expérimentation (janvier 2004-juin 2005) a concerné 36 établissements (maternelle, primaire, collège, lycée).
La recherche s'est donnée pour objectif d'explorer les usages se développant autour de ces programmes, en s'intéressant plus précisément aux pratiques pédagogiques et aux nouvelles formes d'organisation mises en place par les enseignants. Du point de vue méthodologique plusieurs outils qualitatifs et quantitatifs ont été mobilisés sur 3 phases distinctes.
Dans un premier temps, lors de la phase initiale de préparation de l'expérimentation et de formation des enseignants, une première série d'entretiens ont été conduits auprès des futurs enseignants expérimentateurs en vue de faire un état des attentes et des représentations du nouveau dispositif.
Une seconde phase s'est intéressée à l'activité se développant dans les établissements autour de la nouvelle interface technique durant l'année scolaire. Un premier recensement sommaire par questionnaire a permis d'obtenir une vision d'ensemble de cette activité.
Pour la dernière phase, des entretiens ont été menés auprès d'un échantillon d'enseignants repérés dans la typologie générale afin d'étudier précisément différents aspects des usages pédagogiques développés durant cette année d'expérimentation.

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La scolarisation de l'informatique à l'école primaire Etude de l'évolution identitaire de prescripteurs intermédiaires : les « FTICE » François Villemonteix (Paris V)
Résumé :
Au cours des années 80 l'informatique scolaire a constitué une innovation ayant induit dans le système éducatif et dans ses sous-systèmes que sont l'école et la classe des changements techniques, organisationnels, culturels et sociaux (Harrari, 2000). Des « passeurs » de cette innovation à l'école élémentaire, les IAI * (FTICE, ATICE, FIP et autres MATICE) ont été les promoteurs d'une innovation qui n'était pas la leur. Ils ont été innovateurs sans pour autant remettre en cause le système (Beziat, 2002) dans le contexte de leur activité professionnelle, ce qui a répondu chez eux à une logique d'engagement et d'investissement. Progressivement, ils se sont trouvés placés entre la nécessité d'innover et celle d'être des traducteurs du discours institutionnel.
Leurs missions, inscrites dans les contextes locaux, ont varié dans le temps, les plaçant dans une posture instable. A une période contemporaine au plan IPT, ils ont été associés à l'innovation pédagogique. Enseignants issus du terrain de l'école, ils ont participé, souvent de façon militante, à la construction d'un discours sur les pratiques scolaires ayant recours à des ressources au service des élèves (BARON, 2005. A la fin des années 90, l'émergence d'un discours institutionnel orienté vers la massification, vers l'intégration des TICE a provoqué un déplacement des attentes de l'institution à l'égard de ces acteurs.
Quel regard portent-ils sur leur activité et en quoi la définition qu'ils en font leur permet-elle de préserver la posture d'innovateur qui a longtemps caractérisé la spécificité de leur identité professionnelle ? Cette contribution se propose de présenter une analyse de contenus des échanges ayant eu lieu sur un forum de discussion mis en place par ces acteurs de la scolarisation des TICE à l'école élémentaire. Il s'agit d'un forum mis en place sur la plate-forme Quicktopic** . Nous cherchons à observer le mode de construction d'un discours commun sur leur activité et sur leur positionnement dans le cadre institutionnel. Cette période correspond à la mise en oeuvre des nouveaux programmes pour l'école de 2002*** , prescrivant une généralisation des TICE et délimitant des critères de validation de compétences acquises, à travers le B2i.

*IAI : Instituteur animateur en informatique
**Forum QuickTopic 
***Programmes 2002  pour l'école

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