Interventions Atelier C1 - Normes

Peut-on s'affranchir des standards ? Erik Gebers
Résumé :
Le développement indépendant et localisé de plates-formes et contenus de formation engendre des coûts que les usages locaux ne suffisent pas à résorber. Face à ce constat, le mot d'ordre est devenu la mutualisation de contenus. Afin de rendre les projets de valorisation des productions documentaires viables, il est nécessaire d'avoir des standards permettant l'échange des contenus. C'est pourquoi les standards du e-learning sont au coeur des débats aujourd'hui. Mais les contenus concernés sont numériques, i.e. calculables, c'est-à-dire qu'ils peuvent être transformés automatiquement. Nous proposons de prendre en compte cette particularité dans la réflexion sur les normes et standards. Sachant que l'utilisation de formats logiques, introduits par l'ingénierie documentaire, permet d'associer à un même contenu divers formats d'exploitation, la production de contenus peut être indépendante des standards, du moment qu'elle fait appel à un format de création logique. La transformation de ce format vers un format d'exploitation normalisé est réalisée automatiquement lorsqu'il est nécessaire de mutualiser les contenus, comme nous l'illustrons dans le projet PISPN. Nous verrons ainsi que cette approche permet de bénéficier des avantages d'interopérabilité et du fort potentiel de partage offerts par les standards tout en conservant les spécificités et fonctionnalités locales.
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La normalisation peut-elle devenir garante de pédagogies numériques plurielles ? Henri Hudrisier (Paris VIII, délégué AUF à l'ISO, MSH Paris Nord)
Résumé :
La normalisation des TICE mise en oeuvre par le SC36, se concentre bien sûr   comme le confirme son titre ( Information Technology for Learning, Education and Training) sur les questions technologiques liées à l'e-learning en supposant trop souvent résolues la normalisation des modélisations pédagogiques déjà mises en oeuvre dans les premières générations de standards d'e-learning à finalité industrielle et aéronautique. Pourtant rien n'empêcherait a priori un déploiement pluriel (pourtant normativement défini) de modèles et cultures pédagogiques, qui seraient susceptibles de répondre à la diversité des postures éducatives, des impératifs des disciplines ou des métiers, de la diversité des langues et des finalités de la transmission des savoirs. D'autre part, la plupart des experts du SC36 tiennent aussi pour acquis une vision de la marchandisation de la transmission du savoir, bien naturelle chez les industriels des TIC mais qui mériterait au minimum d'être discutée en amont par les professionnels de l'éducation et spécialistes de la pédagogie en confrontation dialectique avec la sphère économique et industrielle.
Bien sûr, si les professionnels de la pédagogie ont des difficultés pour se concerter et proposer les normes fondamentales qui sous-tendent l'éthique de leur fonctionnement c'est qu'ils sont porteurs de diversité fantastiques : linguistiques, culturelles, diversité des savoirs et des métiers, diversité des styles et finalités pédagogiques qui renvoient par construction même à l'infinité mondiale des savoirs. Cependant, dépassant ces difficultés l'interaction dialectique entre une modélisation normative de cette diversité par ses acteurs eux-mêmes et sa prise en compte instrumentale est indispensable et urgente. Je conclus en proposant l'exemple de l'IFLA qui sert de lieu de concertation mondiale et indépendante des bibliothèques, institution qui a su imposer directement sa place à l'ISO et qui produit des normes fonctionnelles, sectorielles, linguistiques, professionnelles, éthiques... en amont de leur confrontation avec le marché, la technique et la mondialisation. Cette organisation institutionnelle (utile dans le cas particulier à la production normative) est elle reproductible dans le secteur de la pédagogie et de l'enseignement ? La concertation éducative peut-elle, non sans risque de domination bibliothéconomique, s'allier à celle de l'IFLA en considérant la transmission du savoir comme une facette cousine de sa conservation patrimoniale ?
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